Collections

Le parcours de visite

Les collections du Musée Rolin
2 000 ans d’histoire et d’art

De l’Antiquité au XXe siècle, les collections du musée reflètent l’histoire exceptionnelle de la ville d’Autun, souvent au cœur des créations artistiques de son époque. De la luxueuse ville romaine aux grandes créations de la sculpture romane, du mécénat des Rolin sous les ducs de Bourgogne aux émouvants témoignages d’une ville pétrie par son patrimoine, le musée rassemble peintures, sculptures, objets d’art et mobilier pour une véritable promenade à travers l’histoire. De grands donateurs sont venus ajouter à cet ensemble des œuvres venues de France et d’Europe : grande peinture du XIXe, Maurice Denis et mouvement Nabis, artistes français du XXe siècle ouvrent largement Autun sur la grande histoire de l’art. Le parcours permanent se décline en six sections et se répartit en une vingtaine de salles sur les trois niveaux de l’ancien hôtel particulier aménagé au XVe siècle par Nicolas Rolin, chancelier des Ducs de Bourgogne.

<p><strong>Salles archéologiques</strong></p>

Salles archéologiques

Médaillon de la mosaïque de Bellérophon, IIe siècle après J.-C.

<p><em><strong>Médaillon de la mosaïque de Bellérophon</strong></em>, II<sup>e</sup> siècle après J.-C.</p>
salles 1 à 6
Augustodunum, capitale antique

Augustodunum est fondée par l’empereur Auguste au tournant de notre ère. Cette capitale éduenne, qui succède à Bibracte, bénéficie de privilèges particuliers comme celui d’édifier un rempart, encore présent dans la ville actuelle. Les collections sont le reflet de la grandeur et de la prospérité de cette ville du Ier au IIIe siècle de notre ère, avant que les troubles du Bas-Empire ne viennent mettre fin à sa prospérité.

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Les œuvres présentées témoignent du luxe, de l’activité économique et de la culture de cette vitrine de l’empire romain. Mosaïques, décors de stucs ou de schistes et sculptures laissent percevoir la magnificence de la cité et de certaines habitations. De la mosaïque de Bellérophon, d’abord achetée pour le musée du Louvre, est aujourd’hui présenté le médaillon central, véritable prouesse picturale réalisée en tesselles de pierres. La mosaïque des auteurs grecs, mêlant portraits de philosophes et extraits de leurs œuvres, témoigne du haut niveau de culture de cette ville bénéficiant d’une école destinée aux enfants de l’élite de la Gaule.

Pour entrer au plus près de la vie de la ville, observez des bronzes étonnants, comme les statuettes de gladiateurs ou d’un acrobate, des figurines en terre cuite d’animaux et de personnages parfois comiques, de nombreuses verreries et d’émouvantes stèles, derniers visages des habitants d’Augustodunum.

Dès le IIIe siècle, le christianisme s’implante à Autun et inspire de remarquables œuvres d’art. L’inscription de Pectorios, trouvée dans une nécropole de la ville, est un poème écrit en grec et l’une des premières inscriptions chrétiennes connues de France. Les siècles qui suivent voient l’édification de plusieurs lieux de culte, ornés de sculptures et de chapiteaux, qui conduisent doucement la ville de l’Antiquité vers le Moyen-Âge.

Augustodunum, capitale antique

Salles romanes

<p><strong>Salles romanes</strong></p>
salles 7 et 8
Sculptures romanes

Autun est une ville épiscopale dès le Ve siècle et, à ce titre, dotée d’une église cathédrale, Saint-Nazaire. Au XIIe siècle, Autun se positionne comme un centre de pèlerinage important, concurrençant Vézelay sur la route de Compostelle. Face à la cathédrale historique Saint-Nazaire est édifiée à partir de 1120 une église destinée à accueillir les reliques de saint Lazare, qui deviendra elle-même cathédrale en 1195. Elle s’inspire des innovations de l’abbaye de Cluny et bénéficie d’un grandiose programme de sculptures, qui fera de cet édifice l’un des fleurons du style roman bourguignon.

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Sont rassemblées dans ces salles des sculptures issues des deux cathédrales. Deux piliers représentant les allégories de la Géométrie et de l’Astronomie sont les principales œuvres conservées de Saint-Nazaire, presque intégralement détruite au XVIIIe siècle. Les sculptures provenant de Saint-Lazare comptent plusieurs chefs-d’œuvre parmi lesquels figure la célèbre « Tentation d’Ève » de Gislebertus, qui ornait le portail latéral de la cathédrale jusqu’au XVIIIe siècle. Elles font le pendant aux sculptures et décors encore en place dans la cathédrale actuelle.

Enfin, le musée conserve également plus d’une centaine de fragments du mausolée de saint Lazare. Construit en même temps que l’église, il avait la forme d’une église miniature richement ornée, qui utilisait la polychromie naturelle de marbres blancs et de calcaires rouges et noirs. Les pèlerins y pénétraient pour s’approcher au plus près des reliques, au cœur d’une mise en scène sculptée évoquant la résurrection de Lazare par le Christ.

Salles gothiques, sculptures du XVe siècle.

<p><em><strong>Salles gothiques</strong></em>, sculptures du XV<sup>e</sup> siècle.</p>
<p><em><strong>Salles gothiques </strong></em></p>

Salles gothiques

salles 9 à 11
Œuvres gothiques

Le cœur de la section gothique du musée se concentre autour des œuvres issues du mécénat de la famille des Rolin, mises en perspective au sein d’un riche ensemble d’art européen des XVe et XVIe siècles. Nicolas Rolin, chancelier de Philippe le Bon, puis son fils Jean, cardinal, ont connu une carrière exceptionnelle au XVe siècle au sein du duché de Bourgogne. À l’image des princes qu’ils servaient, ils font travailler les plus grands artistes de leur époque. Des œuvres de Claus de Werve, Jean de la Huerta, Jean Hey ou Antoine le Moiturier témoignent ainsi de « l’âge d’or » du mécénat artistique à Autun.

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Peintures italiennes, suisses, allemandes, tapisseries, ainsi qu’une singulière sculpture de Vierge ouvrante provenant d’Anost dans le Morvan témoignent de cette floraison des arts en Europe, qui préfigure l’humanisme de la Renaissance.

Œuvres gothiques

Salles autunoises

<p><strong>Salles autunoises</strong></p>
salles 12 à 14
Histoire autunoise

L’histoire de la ville du XVIe au XIXe siècle est celle d’une progressive reconquête de l’espace urbain délimité par les remparts antiques, mais aussi d’une ville profondément marquée par les grands évènements de son époque. La ville d’Autun assiégée en 1591, tableau réalisé par Evrard Bredin, est l’une des premières images connues de la ville, alors assiégée par les armées d’Henri IV durant les guerres de Religion. Mais le XVIe siècle est aussi celui de la Renaissance dont l’une des plus belles expressions était certainement la chapelle Poillot, construite en 1527 et dont les vestiges constituent l’un des fleurons de ces salles.

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Objets usuels, peintures, sculptures, maquettes anciennes complètent le portrait de cette ville imprégnée de son histoire et dont les vestiges antiques constituent le décor immuable. Cette section fait aussi place aux artistes locaux du XXe siècle, fortement attachés au Morvan et aux paysages d’Autun. Ces « paysagistes du Morvan », tels que Louis Charlot ou Albert Montmerot, porteurs d’une inspiration populaire entre ville et ruralité, ont fait entrer le Morvan et ses habitants dans l’art de leur époque.

<p><em><strong>Salles XIX<sup>e</sup> siècle</strong>, </em>peinture romantique.</p>

Salles XIXe siècle, peinture romantique.

Devant de cheminée, Boissard de Boisdenier, vers 1850

<p><strong><em>Devant de cheminée, </em>Boissard de Boisdenier</strong>, vers 1850</p>
salles 15 à 19
Peintures européennes

La section Beaux-Arts ouvre sur l’art européen du XVIIe siècle au XXe siècle. Constituée au fil des donations et acquisitions du musée, elle est particulièrement remarquable pour ses grandes peintures du XIXe siècle et son bel ensemble autour de Maurice Denis.

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Le triptyque de l’eucharistie de Grégoire Guérard (1515) inaugure ce parcours. Cette œuvre phare du musée témoigne de la fusion des styles de la renaissance italienne et flamande au sein du creuset artistique qu’était la Bourgogne de l’époque. Il fait face à un monumental cabinet d’ébène du XVIIe siècle, meuble d’apparat combinant la richesse des matériaux à de grandes recherches décoratives.

La salle suivante, consacrée au XVIIIe siècle, met en valeur la peinture dite « aimable » de Charles-Joseph Natoire ou Nicolas Bertin, dont la mythologie fournit les principaux sujets.

Le parcours poursuit son avancée dans le temps avec une importante collection du XIXe siècle où se distinguent les peintures romantiques et troubadours, revisitant l’histoire dans des sujets dramatiques aux atmosphères tourmentées. La grande peinture d’histoire y est également bien représentée. Aux côtés de grandes compositions d’Horace Vernet et Ary Scheffer, célébrant les faits d’armes et personnages illustres, figurent aussi de douces scènes de genre et des peintures animalières de grande qualité.

Une dernière salle offre une belle ouverture sur la peinture Nabi, avec un riche ensemble de petits formats de Maurice Denis, Jean Souverbie et Georges Desvallières, auxquel font contrepoint la peinture orientaliste et africaniste de la même époque, avec la présence d’André Suréda et de ses tableaux tout en couleurs, inspirés de la vie quotidienne et religieuse de l’Algérie et du Maroc.

Peintures européennes

Salle Frénaud

<p><strong><em>Salle Frénaud</em></strong></p>
Salle andré frénaud
Autour du poète André Frénaud

André Frénaud est l’un des poètes français les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle, récompensé en 1985 par le Grand Prix national de Poésie. Il a souhaité, avec son épouse Monique Frénaud, faire don au musée Rolin de ses œuvres d’art, toutes issues des collaborations et des amitiés qu’il a entretenues avec les artistes de son temps. 

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La donation André et Monique Frénaud compte des grands noms de la peinture du XXe siècle : Jacques Villon, André Beaudin, Maurice Estève, Raoul Ubac, Joan Miro, Pierre Alechinsky ou encore Jean Dubuffet… Elle clôt la visite en y introduisant l’abstraction et fait le lien entre les arts visuels et l’écrit, ouvrant une passerelle entre les collections du musée et la création contemporaine.